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Comportement du parent,  Développement personnel,  Gestion des émotions

L’état d’esprit face au regard des autres quand on est parent

Cet article participe au carnaval d’articles (plusieurs blogueurs écrivent sur un même thème) proposé par le blog Multipassionnés Épanouis sur le thème “Comment gérer le regard des autres ?“. C’est un blog qui accompagne les personnes plurielles et multipassionnées à se construire une vie épanouie qui leur permet d’être TOUT ce qu’elles veulent être. J’ai particulièrement aimé cet article.

C’est un sujet vaste qui m’a particulièrement inspiré, car faire des choix alternatifs lorsque l’on est parent ça fait parler…

Parentalité alternative

Lorsque nous sommes parents, nous avons mille et une occasions d’être jugés et critiqués sur nos choix éducatifs. Pour ma part, les miens ne sont pas ce que la majorité des gens entreprennent:

  • Bébé qui tète à la plage sous le regard des autresJ’ai choisi de dormir à côté de mes enfants (cododo), et nous dormons tous les 4 dans la même chambre encore actuellement. (Nous n’avons écrasé qu’un seul enfant, quota acceptable).
  • J’ai choisi de leur mettre des couches lavables(La solution pour ne pas faire trop de lessive: changer peu les couches!)
  • Je n’ai pas pour habitude de crier lorsque j’aimerais que mes enfants m’écoutent et je ne donne pas de fessée à mes enfants (même pas de petites tapes “éducatives” sur la main! 😉 ). (Du coup comme ils n’ont pas de limites, ils se sont accaparé la maison et j’écris de dehors. J’espère qu’ils se rappelleront que je suis là).
  • Nous sommes en instruction en famille (=école à la maison). (Parfois, nous partons en expédition dans la rue à la rencontre de vraies personnes pour qu’ils les observent).
  • Je laisse mes enfants exprimer leurs émotions (c’est-à-dire que j’accepte l’expression de leurs tempêtes émotionnelles, plus connues sous le nom de “caprices”). (Ils passent tout leur temps à pleurer et nous n’avons plus de mouchoirs).
  • Je ne les force pas à terminer leur repas. (Ils n’ont pas pris beaucoup de poids depuis leur naissance, mais l’avantage c’est que je peux les porter facilement!)
  • J’ai opté pour la diversification menée par l’enfant (c’est-à-dire que la nourriture a été introduite dans leur alimentation sous forme solide et non sous forme de purée). (Nous n’avons eu peur qu’une fois lorsque notre fille de 8 mois a gobé une carotte crue).
  • J’ai allaité mes enfants à la demande, co-allaités même, et j’allaite encore ma fille de plus de 2 ans. (Si elle n’a pas arrêté d’ici là, je verrais pour lui demander d’arrêter à son entrée au collège. Cela me semblerait compliqué de gérer avec son emploi du temps sinon).
  • Etc.

*Si tu es sceptique, ceci est de l’humour, mes enfants vont bien =)

Des choix qui ont contribué au fait que je me suis sentie assez isolée lors de ces premières années de maternité. J’ai reçu un certain nombre de critiques. Je les gardais en tête. Je ressentais beaucoup de colère, car je me sentais incomprise. Je me sentais aussi jugée dans certaines situations en public et me sentais alors mal à l’aise. Bref je n’étais pas détachée du regard des autres.

Désormais, j’entends toujours les critiques, mais je ne les garde pas en tête. Je les utilise et m’en détache. Je vis ma parentalité comme je l’entends, car mes objectifs et mes valeurs sont clairs dans ma tête. J’ai aussi plus de connaissances, réflexions, et d’expérience qui m’ont permis d’être sûre de moi. Je me sens libérée du regard des autres.

Parent confiant et assuré

Objectifs et valeurs: qu’est-ce qui est important pour toi?

Le travail commence en amont des regards.

cible tes objectifsS’il est parfois difficile de gérer le regard des autres et leurs critiques, c’est que tout n’est pas clair dans notre tête. Les raisons qui nous ont poussés à faire ces choix, nos priorités, bref nos objectifs et valeurs ne sont pas bien définis.

Des questions importantes

Répondre à ces questions peut t’aider à gagner en assurance pour assumer tes choix:

  • Quelles valeurs veux-tu transmettre à tes enfants?
  • Qu’est-ce qui est le plus important pour toi: que ton enfant apprenne à obéir? (j’aime beaucoup les entraîner à dire “oui-chef”) à réfléchir? À coopérer? À choisir? À savoir dire non? À se conformer? À développer sa créativité? À être épanoui? À être libéré du regard des autres? À ne pas se sentir coupable des états émotionnels des autres? (sauf quand ils s’amusent à jeter des pierres aux gens) À gérer et comprendre ses émotions? À ne pas les exprimer?
  • Quelle relation veux-tu avec ton enfant? Est-ce qu’avoir une relation basée sur l’écoute sans condition de ton enfant est le plus important pour toi (au risque de ne pas écouter ses besoins, voire de ne pas lui apprendre à les déterminer)? Ou est-ce avoir une relation empathique avec ton enfant (au risque de passer beaucoup de temps à expliquer, négocier, répéter au lieu de faire autre chose)? (Au pire tu quittes ton travail, vous faites la manche et ils sont malheureux. Conséquences naturelles!) Est-ce que tu veux qu’il te craigne pour ne pas avoir à répéter les choses (au risque de détériorer ton lien avec lui) ou veux-tu une relation de confiance (au risque qu’il te dise ce qu’il pense, qu’il négocie, et que tu doives répéter)?

Il y en a encore beaucoup à se poser. L’idée est de savoir quel parent veux-tu être: que veux-tu pour tes enfants et pour toi, et quelle relation veux-tu avoir avec eux?

Être assuré dans ces décisions

Une fois que tu sais vraiment ce que tu veux, que tu connais tes priorités, tu DÉCIDES des comportements, hygiène de vie, etc. à adopter. C’est ce que tu fais lorsque tu fais des choix éducatifs, à travers une approche de l‘éducation positive/bienveillante/empathique/consciente par exemple.

Il est parfois difficile de savoir si nous faisons le “meilleur” choix (par rapport à nos objectifs, car en soi il n’existe pas de meilleur). Il y a des avantages et des inconvénients à chaque option, il faut trancher. S’interroger sur les objectifs et valeurs vont justement permettre de choisir les actions à mettre en place.

Croyances et connaissances

Ces choix vont être déterminés par les croyances. Celles-ci par notre parcours (l’éducation ou d’autres moments de la vie), et des connaissances extérieures (connaissances scientifiques, documentaires, livres). Il est utile de développer ces dernières pour être plus assuré dans sa démarche (ou voir qu’on fait peut-être fausse route! Est-ce que l’usage de colliers à chocs électriques peut t’aider à te faire obéir? La réponse est dans les livres!).

Bref: pour plus d’assurance, il faut tout d’abord savoir ce que tu veux (objectifs et valeurs), et renforcer les connaissances liées à ces choix.

Ceci est une étape pour se sentir assuré face à des choix qui sont jugés alternatifs par certains (sous-entendus “bizarres” 😉 ). Il y a aussi bien sûr tout un travail sur soi pour gagner en confiance en général.

Le rôle des critiques (et de l’ego)

Lorsqu’une personne critique c’est que cela lui pose un problème, à ELLE, pas à toi. Souvent, elle le fait pour se rassurer sur son propre choix, ou par inquiétude. C’est quelque chose de normal. Nous avons l’impression qu’il y a un BON et un MAUVAIS choix. Nous avons été habitués à cette vision-là depuis petit, c’est une croyance dont il est difficile de se défaire.

Si tu te sens assuré et confiant dans ce que tu entreprends, ton problème à toi viendra de ton ego. Rappelle-toi, quels que soient tes choix il y aura toujours des gens qui ne sont pas d’accord. C’est normal. Nous sommes +7.7 milliards d’êtres humains, donc des personnalités différentes et avis différents. Seuls les gens qui ne font rien ne sont pas critiqués. Pour ne pas être critiqué en tant que parent, alternatif ou pas, la seule solution est de ne pas faire d’enfant (tu seras alors critiqué sur le fait de ne pas avoir d’enfant haha).

je préfère être rejeté pour qui je suis que l'illusion d'être aimé pour qui je ne suis pas

 

Si tu mets ton ego de côté, tu peux te servir des critiques, car elles sont utiles si on les utilise pour progresser.

En gros, il y a deux options:

  • Soit la réflexion t’apporte quelque chose et tu peux améliorer/changer ta façon de faire/voir les choses. Tu réceptionnes alors la critique, et tu t’en sers.
    Si cela te provoque une émotion comme la tristesse ou la colère, c’est aussi utile, car cela te renseignera sur quelque chose en toi. J’en parlerai plus dans un article sur la compréhension et gestion des émotions. L’idée c’est que toute émotion est un message qu’il nous faut décoder.
  • Soit cela, ne t’apporte rien (pas constructif, pas les mêmes objectifs et valeurs, etc.). Tu ne réceptionnes rien du tout et continues ton chemin.

Libère-toi de ton ego (je n’ai pas dit de l’écraser), accepte et utilise la critique.

Les accords toltèques

Intégrer les accords toltèques dans sa vie est très puissant! Tu les connais peut-être, il y en a 4. Deux d’entre eux sont très utiles pour se détacher des critiques et du regard des autres.

“Ne fais pas de suppositions”

Bébé qui se cache du regard des autresNous nous racontons tous des histoires en interprétant souvent à outrance ce qu’a voulu dire un tel, ou ce regard, ou cette attitude, etc. Nous imaginons notre réalité. Parfois, celle de la personne en face est tout autre.

Cette dame qui doit probablement se dire que je me laisse mener par le bout du nez parce que je laisse mon enfant sauter sur les rails du train. En fait, elle était juste étonnée de voir un astéroïde s’écraser à quelques mètres de là…  Attention donc à ne pas faire de suppositions hasardeuses.

Arrête de te polluer la tête en te demandant si la personne te critique dans sa tête. Si c’est le cas, c’est un problème pour ELLE, pas le tien.

Si tu soupçonnes vraiment un non-dit avec une personne proche (cela ne me semble pas utile de mettre de l’énergie dans cela si c’est une personne que tu ne connais pas ou à peine), et que tu ne veux pas que cela altère la relation, ne reste pas sur une supposition. Crève l’abcès en demandant si tout va bien ou si quelque chose dérange. Elle est alors libre de s’exprimer, ou non.

Bref, évite de t’inventer des problèmes et de trop interpréter. Je n’ai pas dit de ne pas le faire du tout, car cela à un sens de décrypter le non verbal des autres. Si tu soupçonnes une certaine aptitude pour attacher ton enfant à un arbre parce qu’il a eu le malheur de pleurer, peut-être mieux vaut faire cette supposition et ne pas tester.

N’en fais pas une affaire personnelle

posture de l'arbreSi la critique est réelle, tu n’es pas obligé d’en faire une affaire personnelle. Même si la personne te critique toi, et le fait d’une façon agressive: qu’y a-t-il derrière son message? Il y a de grandes chances pour qu’il y ait de l’inquiétude ou une remise en question sur ses propres choix. Cela est difficile pour elle. Cela rejoint ce que je disais avant: c’est une affaire qui la concerne surtout elle.

Rester empathique

Enfin, reste empathique. L’empathie est la base pour que les relations restent saines. Même si les critiques sont présentées d’une manière agressive, voit en elle la personne qui se sent menacée par tes choix. Cela nous ramène à deux êtres humains, avec la peur de “mal faire”. Chacun fait de son mieux.

Comment gérer le regard des autres sur notre parentalité?

  • Soit clair sur tes objectifs et valeurs pour te sentir confiant et assuré dans tes choix. C’est la base. Si tu te sens confiant, tu arriveras facilement à appliquer le reste. C’est donc le plus gros travail, la confiance en soi!
  • Écoute les critiques et sers-t’en.
  • Laisse les problèmes des autres aux autres.
  • Ne fais pas de supposition, ou ne reste pas sur des suppositions.
  • Ne prends pas les choses personnellement

Bonus: voici un Ted-X de David Laroche pour t’aider à te libérer du regard des autres.

*

Et toi comment fais-tu pour gérer le regard des autres? Qu’est-ce qui est le plus difficile pour toi?

Passe une bonne journée, soit présent à toi et ta famille, et ouvre ton cœur pour plus de bonheur.
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6 commentaires

  • Anne-Christine de CheminsdeNaissance.com

    Merci pour cet article ! J’aime beaucoup des apartés en italiques qui m’ont fait beaucoup rire ! … Même si ce n’est en effet pas drôle tous les jours de faire face à tout un tas de critiques concernant nos choix éducatifs.
    Comme tu le dis bien, depuis que j’ai fait le travail du “qu’est ce qui est important pour moi ?”, je constate beaucoup moins de remarques : soit ma posture est plus assurée et les gens osent moins, soit je m’y attache moins… soit je suis devenue sourde ;))

    • Aurore Pernat

      C’est probablement un mélange des 2 raisons. Si tu es plus assurée, tu t’attaches moins à ce qu’on te dit.
      Pour savoir si tu es sourde, un test simple: si tu n’entends rien alors que tes enfants sont à côté de toi, c’est le cas haha.
      Belle journée! =)

  • Sarah

    Merci pour cet article très sympathique… et très drôle !! (Et pour savoir aussi que c’est difficile de faire ce genre de choix dans la parentalité – j’ai fait quasiment les mêmes – je trouve que c’est super que tu arrives à en faire des trucs drôles ! C’est vrai que c’est important de rire 😉😍)
    A part ça je trouve tes conseils très pertinents et je trouve que tu as particulièrement raison de dire que c’est important d’être sûr de nos choix. Moi je le suis et du coup je n’ai jamais eu l’impression d’avoir de réflexion sur aucun de mes choix.
    (A part des conversations houleuses sur les vaccins avec mes beaux-parents. Mais, à l’instant où j’ai décidé d’accepter qu’ils ne changeraient pas d’avis et qu’ils ne pouvaient pas comprendre mon point de vue – mais que moi je ne changerais pas d’avis non plus – je leur ai tout simplement dit que je ne voulais plus discuter de ce sujet avec eux. Pour la raison que je viens de donner. Ils l’ont mal pris sur le coup. Et depuis, tout va très bien entre nous, même si nous avons chacun gardé notre point de vue sur le sujet.
    Idem pour le moment où je me demandais si l’IEF était vraiment le meilleur choix pour mon fils, assez timide et réservé. L’orthophoniste, que je voyais tous les 15 jours, a bien insisté à chaque rdv pour que je le mette à l’école pour le “stimuler”. Il l’a fait tant que j’ai douté. Le jour où je n’ai plus douté du tout, il a arrêté de m’en parler !)
    Donc je pense vraiment que les autres ne font que mettre en lumière les zones où ce n’est pas si clair que ça pour nous. Et on est touché par leurs remarques parce que, inconsciemment, on cherche leur approbation.

    Bon, et je vais m’arrêter là sinon je risque d’écrire un article sous ton article 😉😂😂
    Merci en tout cas d’oser aborder ce sujet (qui me tient à cœur, forcément) et de le faire avec humour comme tu le fais. Ça remet de la légèreté dans la parentalité et ça fait du bien !
    Merci à toi 💖🙏

    • Aurore Pernat

      Oui j’aime bien ta phrase qui résume: “les autres ne font que mettre en lumière les zones où ce n’est pas si clair que ça pour nous.”. Tout comme le fait d’être blessé seulement parce que nous le sommes déjà auparavant.

      Tu parles de légèreté et c’est vrai que faire des choix or normes peut vite être un poids par rapport au regard des autres si on ne prend pas de recul!

      Merci pour ton commentaire 😍

  • Marie Kléber

    Bonjour et merci pour cet article.

    Je ne sais pas quel genre de parentalité je choisis au jour le jour et clairement je suis encore trop souvent “cassée” par les commentaires et regards des autres, principalement de mes proches.
    Je note: se faire confiance, je crois que c’est la base et en effet ne pas faire de suppositions sur les avis des uns et des autres ou alors leur demander des explications, ça crée moins de nœuds à la tête.
    Chacun part de sa propre idée et de son ressenti, et bien souvent les critiques ne sont que des peurs déguisées. Elles ne nous appartiennent pas.

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